Evénement : NickTheQuick - Tome I : l'organisateur.

Publié le par Jean Siri

A l’heure où l’on observe une dichotomie croissante entre les grosses organisations (pour ne pas dire « entreprises ») et les organisations locales, quelles sont les difficultés que peut rencontrer un organisateur à attirer des triathlètes ?

NickTheQuick : Je dirais que la principale difficulté est liée à la communication… avant (publicité, promotion de l’évènement) et pendant (animation pour les spectateurs, constitution d’un vraie village, …). Les moyens n’étant pas les mêmes, la lutte est, de fait, inégale alors que les intentions peuvent être identiques et les épreuves complémentaires. Néanmoins le côté associatif « amateur » des organisations locales séduit aussi et a son charme indéniable, ce qui n’empêche pas d’apprécier le travail d’une grosse organisation « professionnelle » (apparentée « entreprise » comme tu dis). C’est comme pour les pizzas, il y a le pizzaïolo du coin et Pizza Hut et si l’on préfère le local du bout de la rue, pour l’ambiance, la proximité, le goût unique etc… rien n’empêche de succomber de temps à temps à la grosse machine avec le Cheezy Crust, et les noix de Macadamia en dessert
Indirectement liée à la communication, les autorisations et/ou aides indirectes sont plus faciles à obtenir quand on est la Société du Tour plutôt qu’une petite structure locale, qu’il s’agisse du prêt de barrières, de l’autorisation de traverser une commune ou de boucher un trou dans la chaussée, ce qui est parfois un peu décourageant pour les petites organisations qui se démènent pour animer leur ville ou leur région sans bénéfice financier.



Si je ne me trompe, Val de Reuil est un des rares triathlons à s’être présenté sous toutes les distances. Y’a-t-il une recette pour préserver l’âme d’un triathlon dans le temps ?

NickTheQuick : Je profite de l’occasion pour bien préciser que si j’ai été le salarié de l’organisation pour les éditions 2002 et 2003 (retour au LD 102,5 kms), je ne suis plus désormais qu’un membre bénévole de l’association organisatrice aux mêmes titres que les 7 ou 8 électrons du noyau dur. L’essentiel du travail de l’ombre est désormais réalisé par l’excellent Gwilhem Deshayes qui fait un travail extraordinaire avec fraîcheur, modestie et passion. Pour ma part, (hormis les deux dernières semaines, où nous faisons tous un peu tout et n’importe quoi), je m’occupe simplement de la communication de l’évènement et des relations avec les élus. A noter que Yogui officie avec la compétence qu’on lui connaît pour la partie Internet.
Pour répondre à ta question, effectivement hormis la distance 3.8 – 180 – 42.195, Triat’Val a organisé toutes les distances à savoir :
-19 découvertes individuels (dont le dernier était réservé, pour la première fois aux seuls non-licenciés)
- une quinzaine de découvertes entreprises
- une petite dizaine de découverte relais
- un sprint (nouveauté de cette année, pour permettre aux licenciés d’avoir une distance courte pour concourir)
- 6 longue distance 4 – 120 – 30 (dont 2 championnats de France)
- 6 courte distance (de 1996 à 2001)
- 4 longue distance 2.5- 80 – 20,
+ un championnat de France de Ligue et un championnat de France UNSS (j’espère que je n’ai rien oublié !)
Bref, Val-de-Reuil aime le triathlon et le triathlon aime Val-de-Reuil. C’est à mon avis, l’ingrédient principal de cette recette car je ne pense pas que le changement de distance ou de parcours soit très bénéfique pour pérenniser une épreuve donc si les gens reviennent c’est sûrement pour d’autres raisons parmi lesquelles sans doute le buffet, l’arrivée sur la piste olympique, la météo …
Si l’âme de Val-de-Reuil n’a pas changé c’est que la passion des présidents à la tête de Triat’Val n’a pas varié et que malgré les changements de formats (dont chacun possède ses explications propres), ils ont essayé de donner le maximum aux pratiquants en écoutant leurs attentes.



Avec le développement d’épreuves à vocation commerciale, les triathlètes se montrent de plus en plus exigeants sur la prestation qui leur est fournie. Comment les organisations purement bénévoles subissent-elles cette confusion ?

NickTheQuick : Je pense que la responsable de l’accueil (coucou Joëlle) te répondrait : « difficilement ! » voire « très difficilement ! » au point de ne plus reconduire leur bénévolat tellement l’égoïsme, l’égocentrisme, l’inconscience, le manque de savoir-vivre et de recul de 2-3 personnes suffisent à épuiser les meilleures énergies pourtant bien boostées par le sourire des 977 autres…
Malgré tout, je pense que 90% des athlètes font bien le distinguo entre une association qui se dépouille sans aucun autre bénéfice que les mails de remerciements et une société qui vend du rêve et se fait une marge dessus. Pour autant, le bénévolat n’est jamais une excuse à la médiocrité donc chacun fait le maximum...
Mais c’est vrai que quand tu as dormi quinze heures au total sur les 6 dernières nuits et que tu dois rester calme et expliquer 10 fois (parfois à la même personne) pourquoi tu ne veux pas la laisser partir sans certificat médical, pourquoi tu ne sais pas si l’eau est à 17.4°C ou 17.6°C (si, si, on m’a déjà « pris la tête » plus de 10’ à 35’ du départ pour savoir cela !!!! Grrrrrr…..) pourquoi tu n’y peux rien si la lettre n’est pas arrivée….etc, c’est parfois très, très usant.
La seule leçon que j’en ai retenue, c’est qu’après avoir vécu de l’intérieur une telle organisation, tu ne peux plus jamais râler ou te plaindre parce qu’il manque un bénévole ici, un morceau de sucre là : un grain de sable est si vite arrivé et 99 fois sur 100, l’organisateur est le plus désolé de tous. Dans ce cas, au lieu de hurler comme un âne sur place, écrire un petit mail à l’organisateur pour lui faire part des remarques est souvent mille fois plus constructif.



Quel que soit le secteur, l’on parle de plus en plus de crise des mouvements associatifs. Bien que pris dans une forte logique de consommation, notre sport vit essentiellement de bénévolats (encadrement, organisation, … pratique), y’a-t-il cohabitation, tension ou tendance ?

NickTheQuick : Difficile à dire, d’autant que le mouvement associatif fait partie de mon quotidien professionnel donc selon les sports, les endroits, les cultures, je dirais 1- que le constat n’est pas le même partout et – 2 je n’ai pas assez de recul pour dégager une tendance nette (par manque d’ancienneté et de regard décalé car trop impliqué)
Néanmoins, c’est vrai que globalement, le monde associatif est rempli de contrastes parfois surprenants. Pour ne parler que de notre sport, je pense que la cohabitation se passe encore plutôt bien grâce à la poursuite des contrats aidés (dispositif « emploi tremplin » relayant les « emploi jeunes ») mais en même temps, cela a un effet pervers sur le moyen terme car cela habitue les pratiquants à ne pas payer la prestation (quelle soit d’organisation ou d’encadrement) à son véritable coût. Dès, lors les tensions sont forcément latentes


NickTheQuick organisateur, c’est un dévouement, une contribution ou une profession de foi ?

NickTheQuick : Euh…c’est un peu venu naturellement, j’aime bien, en général, ne pas être qu’un consommateur donc on s’investit sans s’en rendre compte (c’est Madame qui fait les comptes des heures aux AG, des réunions, des week-ends d’arbitrages…et qui trouve que c’est trop).
C’est d’ailleurs pour cela que je me suis investi dans le projet MonTriMan malgré une année infernale à gérer (33-40h de boulot, 5h de transport A-R, un bébé pour février, un concours à préparer, accessoirement quelques compets donc des entraînements, …) car les valeurs véhiculées par ce concept me paraissent nécessaires d’être entretenues et développées. En outre, sur le fond comme sur la forme, l’investissement de Christophe Bastie dans le triathlon me semblent être une bénédiction non reconnue à sa juste valeur.
Concernant le format de course, j’apprécie beaucoup les courses avec drafting (en tant que spectateur comme en tant qu’athlète) mais l’effort solitaire me paraît également indissociable de l’essence du triathlon et je crains que ne pas proposer d’alternative aux pratiquants ne restreignent les possibilités d’expression de tous les talents (on le voit avec les réactions que suscite le format proposé pour la toute nouvelle D2). Etre à la bagarre en nata, sauter dans les bonnes roues, bordurer, partir comme un calut à pied jusqu’à tant que ça pique jusque dans les dents et les cheveux, c’est super sympa mais je crois que beaucoup de pratiquants même à haut niveau de pratique/investissement apprécient aussi de ne pas faire 600kms pour éventuellement tout perdre sur 2 secondes d’inattention au passage de bouée, ou pour un saut de chaîne au mauvais moment.
Par ailleurs, le fait que le MonTriMan propose des distances parfaitement étalonnés (comme le label FFA pour les 10kms, semi et marathon) permettra d’y voir plus clair et offrira un challenge à chacun.

 

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Publié dans Interview

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F
Fironman : définitivement fan officiel de NTQ.
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E
Quand je pense que ce gars là pourrait être mon p'tit frère et qu'il a déjà organisé je ne sais combien de tri ... chapeau, amigo !!
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N
Euh... je rou J
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J
heureusement qu'il y a des gars comme lui dans le triathlon! merci à vous monsieur zequick!
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D
je dirais meme mieux bravo  (o;
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