Austin Power et Herbert Simon
Quel est le rapport entre le dossard flottant de Faris Al-Sultan et l’économiste Herbert Simon ?
Ben, le premier a un casque profilé et un dossard qui flotte dans le vent et le second a introduit le concept de rationalité limitée dans les théories de la décision.
Concrètement, nous ne prenons pas des décisions « optimales » au regard de tous les critères de décisions que nous nous sommes fixées, mais des décisions « satisfaisantes » à un instant T, en fonction de critères de décisions mais aussi de critères extérieurs à la décision (la plus facile, celle qu’on sent le mieux, celle qui nous renverra telle ou telle image, …).

Bref, deux logiques cohabitent dans ce qui nous préoccupent :
Nos choix de matériels ne sont pas si « rationnels ». Pour qu’ils le soient vraiment, il faudrait qu’ils se fassent en « proportion de leur contribution à ». C'est-à-dire, dans le critère « aérodynamisme », il faudrait voir s’il est plus intéressant d’avoir un casque profilé que des tubes profilés, des roues profilées ou une position de ouf’, ….. Sur le critère « rigidité », il faudrait savoir ce qui contribue le plus à la transmission de notre puissance : les pédales ou la chaîne ?, les rayons ou les haubans ?, la tige de selle ou la potence ? ….. Il faut le reconnaître, en se basant sur des critères purement objectifs, peu de personnes sont en mesure de le dire. Pourtant, ce n’est pas parce que l’on ne rationalise pas à un endroit (le casque plein de trous) qu’il ne faut pas le faire ailleurs (les petits rayons aérodynamiques). En effet, l’aérodynamisme général (et c’est tout aussi vrai pour la rigidité) est le résultat de la somme de tous ces petits gains. Ce qui est perdu quelque part peut être récupéré ailleurs. Donc, je pense qu’au regard d’un « absolu », il faut être cohérent et nous ne le sommes pas. Mais au regard de nos capacités à intégrer tous les paramètres (dont le paramètre financier), nous rationalisons tant bien que mal. Reste à trouver ce qui va donc nous conduite à faire tel ou tel choix dans notre rationalisation imparfaite.
Le casque est l’exemple « facile » : aérodynamisme ou aération ? …. Ben c’est en fonction du sens du vent !
Pareil pour la position, c’est l’intervention d’un critère « extérieur » qui va nous apporter un bout de réponse : le confort.
Là où cela se complique, c’est peut-être sur les cadres et roues. Et là, je pense sincèrement qu’il y a une forte intervention « exogène » dans nos choix : l’imaginaire !!!
Les roues profilées, le carbone, le design, la marque, …. sont autant de petites choses qui nous renverront une image flatteuse de nous. On aime ça parce que c’est beau, c’est impressionnant. Et pour couronner le tout : il y a de la technologie. Et qui dit « technologie », dit « élaboration scientifique », et par assimilation (les psychologues parlent de « naturalisation ») : j’ai décidé de faire intervenir «
Tout ça pour dire :
- qu’on n’a pas tord mais que si on n’a pas tord, on n’a pas forcément raison ;
- que notre matos contribue fortement à nos résultat mais aussi à notre plaisir ;
- qu’il faut savoir faire des choix intelligents tout en admettant qu’ils puissent être inspirés par des envies plus évanescentes ;
- …. mais inversement, des fois, faut aussi l’admettre ….. et arrêter de se la jouer pour .... SE LA PÊTER !!!